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Pompes Funèbres pour animaux de compagnie
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Conserver à jamais la dépouille du défunt aide les maîtres à surmonter leur chagrin et à garder le contact avec leur cher disparu – pour un prix modique par rapport à la taxidermie traditionnelle. La lyophilisation permet de conserver certaines caractéristiques, comme les expressions faciales, qui ne survivent pas à l’empaillage classique. Mike McCullough, propriétaire de la société Mac’s Taxidermy à Fort Loudon, en Pennsylvanie, lyophilise des animaux depuis cinq ans. Aujourd’hui, la conservation d’animaux domestiques représente 5 % du chiffre d’affaires de son magasin. Tous les amis des bêtes n’approuvent pas ce procédé, mais Gail Timberlake, restauratrice à Winchester, en Virginie, se moque bien de ce que les gens peuvent penser. Son chartreux, Father Ron, est en ce moment au congélateur. Il reviendra à la maison en mars pour reprendre sa place sur la chaise blanche de la chambre à coucher qu’il occupait pendant sa sieste de l’après-midi. Pour naturaliser un animal de façon traditionnelle, il faut l’écorcher, enlever les organes internes, le débarrasser des muscles et des autres tissus en le faisant cuire, reconstruire la charpente osseuse et tanner la peau. Puis le squelette doit être rembourré avec de la mousse et d’autres matériaux, et la peau doit être remise en place et recousue. La lyophilisation épargne presque tout ce travail et permet de conserver un animal à moindres frais. Le principe de ce procédé, utilisé après la Seconde Guerre mondiale pour la conservation du plasma sanguin, est de faire évaporer l’eau directement à partir de l’état solide sans passer par la phase liquide. Al Holmes, gérant d’un atelier de taxidermie en Alabama, commence par modeler l’animal pour lui donner une pose appropriée. Il travaille à partir de photos et d’indications des propriétaires de l’animal. Puis il le met au congélateur jusqu’à ce qu’il se solidifie. Ensuite, il le place dans une machine à lyophiliser. Chez M. Holmes, il s’agit d’un imposant cylindre d’acier équipé d’une vitre en Plexiglas de plus de 10 centimètres d’épaisseur. Tandis qu’un réfrigérateur abaisse la température intérieure à – 11 oC, une puissante pompe aspire l’air, créant un vide presque parfait. Petit à petit, la glace présente dans le corps du cadavre s’échappe sous forme de vapeur d’eau, qui est alors évacuée. Une fois séchés, les corps ne se décomposent pas. Mais les premières tentatives de lyophilisation d’animaux de compagnie ont produit des spécimens qui ont fini infestés d’insectes. Les taxidermistes ont réglé le problème en leur injectant des solutions de formaldéhyde et d’autres agents protecteurs avant la lyophilisation. Beaucoup d’animaux domestiques posent des problèmes parce qu’ils sont trop gras. Il arrive que toute la graisse ne sèche pas, d’où quelques embarras dans l’au-delà. “Ça suinte”, explique Anthony Eddy, propriétaire des Anthony Eddy Wildlife Studios, à Slater, dans le Missouri. Rien qu’un peu de coton ne puisse régler. La taxidermie est l'art de donner l'apparence du vivant à des animaux morts. Le métier correspondant est celui de taxidermiste. Le terme provient du grec taxis (ordre, arrangement) et de derme (la peau). Technique Le principe de la taxidermie consiste à construire une structure ou squelette (en métal ou en bois) sur laquelle on reconstitue les formes de l'animal. Cette reconstitution se faisait initialement en paille, d'où le terme d'empaillage pour désigner l'opération. La peau de l'animal est ensuite posée par-dessus et ajustée, après avoir été tannée et protégée par des agents chimiques divers. Pour restaurer au mieux les caractéristiques de l'animal et rendre la plus réaliste possible la reconstitution, on utilise des yeux de verre et d'autres artifices pour certains organes qui ne peuvent pas être conservés chimiquement, comme par exemple la langue. Le dépouillage Il consiste à retirer la peau de l'animal. Pour cela des incisions sont faites, sous le ventre et à l'intérieur des pattes. La peau doit être décollée avec soin de la chair, puis la moindre parcelle de chair, de graisse ou d'os restante doit être grattée. Ceci garantit que des organismes nécrophages ne s'installent et détruisent le travail une fois celui-ci terminé, voire ne contaminent d'autres réalisations à l'intérieur de la collection. Le tannage Son objectif est à la fois d'assouplir la peau en vue du montage, et de la protéger chimiquement, en la rendant imputrescible, contre les agressions d'agents biologiques (champignons, insectes) qui pourraient s'en nourrir. On trempe la peau dans différents bains chimiques et d'eau pure, dont la composition est étudiée pour préserver les caractéristiques physiques de la peau et son aspect (ainsi que celui du poil ou des plumes le cas échéant). Un graissage termine l'opération en redonnant la touche de souplesse finale à la peau traitée. Le mannequin (ou squelette) Ils permettent de reconstituer la forme générale de l'animal dans une posture donnée. Initialement de bois et de paille, leur composition a évolué vers une structure interne métallique habillée de bois et de plâtre. Enfin, les matières synthétiques (mousses ou résines), plus légères et faciles à retravailler en fonction du gabarit de l'animal traité, sont apparues sur le marché, produites en série et couvrant une large gamme d'animaux et de postures. Le montage ou le moulage La peau est enfilée sur le mannequin, éventuellement enduit d'une graisse pour facilter le montage. En général, de petites retouches sont nécessaires soit sur la peau elle-même, soit sur les formes du mannequin, avant la couture finale. Il est aussi possible d'effectuer de derniers travaux pour parfaire l'aspect de la peau ou du pelage (ou du plumage) : séchage, brossage, peinture... et montage des yeux. Dans certains cas, notamment pour les poissons, il est plus simple d'effectuer directement un moulage (avec des matières plastiques souples) de la peau de l'animal : ceci simplifie le travail du taxidermiste bien que la méthode soit plus onéreuse. Le moulage est également utilisé pour préparer certaines pièces comme un groin, un bec, des dents ou des pattes Histoire Dans la préhistoire, l'homme a commencé à maîtriser les techniques de base du tannage. D'autres techniques de conservation des corps morts ont ensuite été mises au point, notamment l'embaumement par les égyptiens. Cependant, ce n'est que vers la moitiè du XVIIIe siècle que l'on a sérieusement tenté de faire de la taxidermie. Pendant près de 50 ans, les essais se sont limités à des explorations des possibilités de la technique du moment. Les principales techniques ont poursuivi leur évolution, par exemple pour ce qui est des composés chimiques utilisés pour conserver les parties organiques. Les évolutions actuelles concernent principalement l'allègement et le renforcement des structures internes. Objectifs Les taxidermies réalisées le sont principalement pour le compte de collections de musées, comme celle du Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Ces pièces sont souvent destinées à préserver un patrimoine en voie de disparition, dans le but d'expositions et d'études. D'autres réalisations vont chez des particuliers, soit pour conserver la mémoire d'un animal de compagnie disparu, soit en tant que trophées.
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