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L'enfant et le deuil de son animal de compagnie
Catherine, sept ans, est inconsolable depuis la mort de Manu. D'aussi loin qu'elle se souvienne, son Labrador a été le compagnon fidèle de ses jeux. Elle se rappelle sa chaleur caressante, son oreille attentive à ses grandes peines de petite fille… Il y a quelques mois, le verdict est tombé, dans le cabinet du vétérinaire: il n'y avait pas de remède pour soigner le mal dont souffrait Manu. Il a fermé ses grands yeux il y a trois semaines. Catherine, son petit frère et même leurs parents trouvent la maison bien vide maintenant…
Comment aborder un sujet aussi difficile que la mort avec de jeunes enfants? Quel effet la disparition de l'animal favori peut-il avoir sur le petit qui la subit? De quelles façons les parents peuvent-ils contribuer à amoindrir le choc et poser les gestes qui soulagent? Exploration d'une réalité infiniment triste, d'où la sincérité doit tout de même absolument primer.
Toute la vérité, rien que la vérité
Pour la plupart des enfants, la mort d'un l'animal domestique constitue la première expérience du deuil. La première fois qu'ils ont à affronter la perte et le sentiment d'abandon qui vont de pair avec le décès d'un être cher. D'où l'importance, comme parents, de poser les bons gestes qui, s'ils ne parviennent pas à faire disparaître le chagrin, réconfortent un peu les petits cœurs meurtris.
«Le premier élément à retenir, soutient le vétérinaire Bernard Lemelin, de la clinique vétérinaire Saint-Denis, c'est l'importance de l'honnêteté. Il faut expliquer au jeune, dans un langage simple et direct, pourquoi l'animal est mort. Mais surtout ne jamais lui mentir, en faisant passer la mort pour un autre
évènement.» Sinon, lorsqu'il apprendra la vérité (et elle finit toujours par percer), il ressentira un double choc: le chagrin causé par la mort de son ami et la blessure d'avoir été berné. On doit donc être clair: l'animal ne reviendra pas, mais, là où il est, il ne souffre pas.
Les grandes peines des tout-petits
S'ils sont suffisamment soutenus et aimés, la plupart des jeunes accepteront la disparition de leur complice à quatre pattes sans grand traumatisme. Selon leur âge, leur faculté de compréhension de la mort, le caractère prévisible ou subit de la perte et leur degré d'attachement à leur animal, les enfants y réagiront plus ou moins violemment.
L'enfant peut pleurer beaucoup, chercher à s'isoler ou alors manifester un comportement excessivement oppositionnel. D'autres font des cauchemars à répétition, souffrent d'énurésie, de nervosité ou encore de maux de tête et de ventre. Ils peuvent aussi avoir soudainement très peur de mourir ou que leur famille disparaisse. «En soi, explique Isabelle Gagnon, psychologue en pratique privée à Saint-Eustache, ces réactions sont normales et saines. Elles sont le signe que l'enfant intègre le deuil à son rythme et avec ses capacités. Cependant, si les symptômes inquiètent les parents et persistent plus d'un mois ou deux après la mort de l'animal, il est indiqué d'en discuter avec un spécialiste.»
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